Départ des 6 Heures du Castellet 2011

Analyse // 5 choses à retenir des 6 Heures du Castellet

Départ des 6 Heures du Castellet 2011

Premier rendez-vous de la saison Le Mans Series, les 6 Heures du Castellet 2011 nous proposaient une affiche inédite : exit les voitures diesel, et place aux essence ! Rebellion, l’équipe expérimentée, contre Pescarolo, pour son retour ! En P2, la nouvelle donne HPD / NIssan promettait là aussi un beau spectacle. Voci 5 choses à retenir des 6 Heures du Castellet.

Pescarolo : retour gagnant

Depuis le rachat par Jacques Nicolet et Joel Rivière des « restes » de l’équipe Pescarolo Sport, et la réouverture de l’atelier au technoparc, début janvier, l’aventure Pescarolo team est belle. Accords successifs avec de nouveaux partenaires, soutien populaire, signature de pilotes de qualité (Collard, Tinseau, Jousse). Tout sur le papier nous indiquait un magnifique retour de Pescarolo en endurance. Mais encore fallait-il retrouver les automatismes et la performance en piste. Julien Jousse découvrait le team, Christophe Tinseau n’avait pas roulé en endurance en 2010, et Manu Collard était lui du coté des Etats-unis pour un programme avec Corvette.

Pescarolo l'emporte dès son retour en Le Mans Series

L’ensemble du personnel, bien que fidèle au grand Henri, n’avait, pendant 1 an, pas baigné dans le bain des Le Mans Series. Et pourtant, c’est un Pescarolo Team très grand que l’on a vu arriver aux 6 Heures du Castellet. La voiture est performante, les pilotes rapides et solides, ne commettant pas d’erreurs. La passion est-elle toujours intacte et on revoit l’équipe Pescarolo là où elle se situait avant 2007, avant que les diesel n’envahissent les grilles de départ.

Bataille Pescarolo / Rebellion

Cette victoire est importante pour le moral car elle lance superbement le retour en piste d’Henri Pescarolo. Acquise en l’absence de toute voiture diesel, elle ne doit pourtant rien au hasard. L’équipe Rebellion, qui faisait figure de favori, a manqué son rendez-vous avec la victoire. La voiture de Pescarolo est passée à coté des faits de course et a eu une course propre, professionnelle. Christophe Tinseau prenait la tête après 7 tours, passant ainsi en revue toutes les voitures ! Julien Jousse, pour sa première, ne pouvait cacher une fébrilité au moment de s’élancer, mais couvrait parfaitement sa mission. Manu Collard assura lui 2h30 de temps de conduite, pour sceller définitivement la première victoire du Pescarolo Team. Un grand bravo à toute l’équipe qui, il y a un an, était absente de toute compétition, Henri se préparant à passer les 24 Heures du Mans comme « pigiste » de luxe pour l’Equipe. Les choses peuvent changer en 1 an, et en bien, Pescarolo nous le prouve avec cette victoire aux 6 Heures du Castellet.

Rendez-vous manqué pour Rebellion

Avec Neel Jani autour de la pole position, et la Pescarolo déclassée, on se disait avant le départ que les Rebellion étaient en position de force. Matériel éprouvé et expérience forte (face à l’équipe Pescarolo qui n’a pas roulé en 2010), tout allait en faveur de l’équipe Suisse. Dès les premiers tours, Neel Jani au volant de la Lola-Toyota N°12 conservait le leadership et creusait rapidement l’écart en tête de la course. Hélas, à la demie heure de course, la Lola-Toyota était contrainte à un arrêt prolongé au stand pour réparer le compresseur de boîte de vitesses, Neel s’étant retrouvé bloqué sur le 5ème rapport sans pouvoir en changer. C’est Nicolas Prost qui repartait après la réparation comptant 12 tours de retard sur le leader. Réalisant à plusieurs reprises le meilleur tour en course, Nicolas et Neel ne purent combler leur retard malgré une belle remontée de la 28ème à la 7ème place reprenant 2 tours à la Pescarolo victorieuse.

La Lola Rebellion, rapide, mais victime de problèmes techniques

Nicolas Prost sera crédité du meilleur tour en course en 1’47 »465 (contre 1’48 »367 pour Emmanuel Collard sur la Pescarolo N°16). Sur la voiture soeur, Jean CHristophe Bouillon part en tête à queue dès le premier tour. Une réparation un peu longue (portière ouverte) força ensuite Jean-Christophe Boullion et Andrea Belicchi à attaquer sans relâche pour remonter à la deuxième place dès la mi-course, à deux tours du leader. A l’arrivée, la Lola-Toyota N°13 termine deuxième, échouant à un tour de la Pescarolo victorieuse.

Si la 7e place à Sebring avait de quoi satisfaire les hommes d’Alexandre Pesci, cette manche Le Mans Series laisse un gout amer… 2e et 3e en P1, l’équipe Suisse marque de gros points au championnat, mais le rendez-vous avec la victoire est repoussé… pour Estoril ?

Aston Martin Amr-one : débuts désastreux

Aston Martin parle d’un tests réussi et d’expérience accumulée tout au long de ces 6 Heures du Castellet. Mais il faut se rendre à l’évidence, L‘AMR-one a raté ses débuts en compétition. Avec 96 tours couverts, la nouvelle Aston Martin n’a jamais été dans le coup en terme de performance. On ne s’attendait pas à voir l’AMR-one couvrir les 6 Heures de courses sans problèmes, mais on pouvait au moins attendre des performances suffisantes ! Ce n’est clairement pas le cas, et les pilotes ont du composer tout le week-end avec une voiture qui manque clairement de performance en ré-accélération. Absente de la première journée d’essais (2 tours couverts) et avec seulement 20 boucles en essais libres le samedi, l’Aston Martin donne pourtant officiellement des signes de satisfaction tant aux pilotes qu’aux ingénieurs Aston Martin !

Aston Martin AMR-one aux essais libres des 6 Heures du Castellet

« Ce week-end, nous avons bien progressé sur notre programme de développement. Nous avons profité de cette séance en situation de course pour mieux comprendre comment la voiture se comporte dans le trafic. Je dois préciser que nous sommes au tout début de notre processus de développement et que nous rentrons chez nous poursuivre la préparation de la journée test au Mans, un mois plus tard » explique George Howard-Chappell, directeur technique. Mais le constat d’un début totalement manqué est partagé par de nombreux observateurs, comme Auto Hebdo (Aston Martin face au désastre).

Nissan s’impose déjà en P2, vraie opposition pour Honda ?

On attendait ces 6 Heures du Castellet pour voir la bataille Honda / Nissan sur le seul Européen. Le duel a bien eu lieu, et il a tenu toutes es promesses. Strakka Racing faisait légitimement figure de favori.? Les vainqueurs des 1000 km du Hungaroring 2010 possèdent le pack chassis / moteur le plus efficace sur la saison 2010, mais il se peut que 2011 soit différent ! En effet, dès ces 6 Heures du Castellet, ce n’est pas une Honda, mais une Zytek qui l’emporte. La Zytek Z11SN du Greaves Motorsport (ex Bruichladdich) passe la ligne en première position, et offre à Nissan sa première victoire ! Au volant, on retrouvait le propriétaire, Karim Ojjeh, Gary Chalandon, qui a déjà réalisé de belles choses au volant de l’auto, mais aussi Tom Kimber Smith, qui faisait partie à l’époque de l’aventure Panoz Esperante ! « Quelle course ! L’équipe a fait un travail fantastique en nous préparant une voiture parfaite et dont le comportement ne s’est pas dégradé du premier au dernier tour. Avec aussi peu de roulage avant de venir ici, ce résultat était loin d’être acquis. Nous nous sommes tous surpassés pour décrocher cette superbe victoire qui récompense le travail de toute l’équipe » explique Gary Chalandon, plus jeune pilote sur le podium.

Nissan décroche sa première victoire 2011 de "motoriste"

Au delà de cette victoire Zytek, et du moteur Nissan, c’est la physionomie de la catégorie P2 qui semble totalement bouleversée en Le Mans Series. Les Oreca 03 ont fait une belle prestation, Boutsen Energy Racing (Oreca 03-Nissan) se payant même le luxe de pointer à la seconde place en début de course, derrière la voiture du Pescarolo Team. Le package Oreca O3 / Nissan (identique à celui de l’équipe Signatech) semble plutot bien fonctionner, et il devrait faire des miracles à Spa Francorchamps. Nissan réalise une entrée en matière parfaite en endurance, car après le résultat des 12 Heures de Sebring (bien plus important médiatiquement), cette victoire lance la saison Européenne de la plus belle des façons.

On se pose toutefois des questions au sujet de la performances des P2 face aux GT ! En effet, à plusieurs reprises, on a pu voir la difficulté rencontrée par de nombreux pilotes P2 à prendre le meilleur sur les GTE (Ferrari 458 Italia notamment). La ligne droite des stands était à peine suffisante pour dépasser deux GT… alors que pour les P1, l’écart de puissance est lui largement supérieur. Voila qui est à surveiller car cela peut entrainer des situations de trafic saturé…

La 458 italia décroche sa première victoire

On attendait l’équipe AF Corse, mais c’est finalement JMW qui fait briller la Ferrari 458 Italia, lui offrant au passage sa première victoire en endurance. Dès le départ, le clan Porsche est décimé. En GTE-pro ou Am, les Porsche ne sont pas à la fête. Prospeed, IMSA et Felbermayr sont victimes d’une procédure de départ à oublier bien vite, pas digne d’une course professionnelle.

JMW apporte la 458 Italia sa première victoire

Les Ferrari 458 ont profité de cette « liberté » et décrochent un triplé. JMW, avec Rob Bell et James Walker, devance la voiture d’AF Corse de Gimmi Bruni/Giancarlo Fisichella, tandis que l’équipe Hankook Team Farnbacher de Simonsen et Farnbacher ferme le podium. La 458 Italia, pas vraiment gatée par le sort pour les 12 Heures de Sebring, brille déjà, et peut s’attendre à une course superbe pour les 6 Heures du Castellet.

Photo : DPPI / Le Mans Series, Rebellion, Endurances Series Communication

1 commentaire sur “Analyse // 5 choses à retenir des 6 Heures du Castellet”

  1. concernant le manque de » vitesse »des P2 des SPA cela peut poser des problemes , la ligne droite apres le raidillon est relativement courte .
    concernant la procedure de départ , j’espere que la lecon est retenue , de meme pour SPA il est necessaire que les travaux pour « secours electriques  » …. soient terminés ,personne n’a oublié cet incident grotesque.
    ne gachons pas notre bonheur ,cette course de SPA s’annonce historique a bien des egards

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