Analyse // 6 choses à retenir des 6 Heures de Spa Francorchamps 2011

Peugeot 908 aux 1000 km de Spa Francorchamps

Peugeot 908 aux 1000 km de Spa Francorchamps

Doublé Peugeot, course compliquée pour Audi… les 1000 km de Spa Francorchamps 2011 ont livré un verdict favorable à Peugeot, de manière totalement opposée à la journée test du mois d’avril. De quoi susciter des interrogations, mais aussi des éléments qu’il faut garder en tête pour les 24 Heures du Mans qui auront lieu dans moins d’un mois.

Peugeot reçu 5/5

Le succès décroché par Peugeot aux 1000 km de Spa Francorchamps 2011 est le cinquième en 5 ans ! La 908 nouvelle génération suit les traces du premier modèle, et s’impose dans l’épreuve Ardennaise. Pour la cinquième fois en cinq ans, une Peugeot s’adjuge donc les 1000 Kilomètres de Spa-Francorchamps. Alexander Wurz, Anthony
Davidson et Marc Gené resteront dans l’histoire comme les premiers pilotes à imposer cette nouvelle Peugeot 908. « Ce cinquième succès d’affilée à Spa, cette première victoire de la Peugeot 908 et cette première victoire de la saison en ILMC tombe à point » lâchait Olivier Quesnel, directeur de Peugeot Sport. Cette victoire pourtant, à la vue des qualifications, pas grand monde ne pouvait la prédire.

Peugeot n°9 au virage de la source

Au terme d’une première heure de course époustouflante, Alexander Wurz totalement déchaîné subtilisait le commandement à l’Audi de Lotterer. Alexander Wurz a réalisé ici un excellent premier relais, tout comme Montagny et Bourdais, qui sont revenus à une vitesse hallucinante sur les premières places. Franck Montagny, parti de la 48e place, dépassait 30 voitures dans le premier tour.

Le reste de la course sera sans histoire pour les Peugeot 908 n°7 et n°8, qui ne se sont jamais rattrapées mutuellement. La n°7 12e et la n°8 48e ont imprimé un rythme comparable, ce qui prouve le niveau des pilotes Peugeot, réguliers, et tous capables de l’emporter. Seule la n°9 a connu des problèmes. Pedro Lamy était le seul à enchaine un triple relais, et partait à la faute au 113e tour… tout comme il était parti à la faute, en tout début de relais cette fois, à Sebring, en pneus froids, faisant perdre la course à la 908 de tête. C’est ensuite Pagenaud qui subissait des interventions sur le capot avant, puis une intervention à 30 minutes du but, de 9 minutes seulement, pour changer le demi-train avant droit. Il faut ainsi retenir que les deux Peugeot qui signent le doublé ont eu une course parfaite, sans embuches… ce qui ne fut pas le cas chez Audi.

Audi en préparation pour Le Mans

Les bonnes performances des Audi R18, à ce stade de la conception de la voiture, ne sontmalheueusement pas récompensées. André Lotterer pointait pourtant en tête au départ, tandis que McNish partait à la faute aux Combes. Un premier signe de fébrilité étonnant, pour trois voitures aux trois premières places…

Audi R18 aux 1000 km de Spa Francorchamps

L’Audi n°2 allait subir des soucis avec des bouts de gomme en piste, et tant André Lotterer que Benoit Tréluyer devaient repasser par les stands, perdant beaucoup de temps. A Blanchimont, Timo Bernhard se fait toucher par une Formula Le Mans, le train arrière est endommagé. Les pilotes se plaignent, comme sur la n°2, du comportement de la voiture. C’est l’Audi R18 n°3, celle des « papy » de chez Audi (qui ne marque pas de points pour l’ILMC au passage) qui se classe le mieux. Dindo Capello, Tom Kristensen et Allan McNish n’ont pourtant pas eu une course simple. cNIsh part à la faute aux Combes dans le premier tour, Capello enclenche le limiteur de vitesse alors qu’il est bataille avec la Peugeot 908 de Stéphane Sarrazin… et Tom Kristensen est contraint de repasser par les stands, à cause d’une crevaison lente.

Audi R18 aux 1000 km de Spa Francorchamps

Les Audi se retrouvent ainsi à 1, 2 et 3 tours de la Peugeot victorieuse. Pas vraiment un drame en vue des 24 Heures du Mans, car l’épreuve de Spa Francorchamps, bien qu’étant désormais intégrée au calendrier ILMC, ne remplace pas une victoire dans la Sarthe. Mais on peut tout de même s’interroger sur cet écart de performances entre les essais et la course. Si pendant les 6 heures, le rythme était similaire chez Audi et Peugeot, les Allemandes semblaient beaucoup plus à l’aise en qualification. Faut-il en déduire qu’Audi sait tirer le meilleur parti de sa voiture, et lui permettre d’aller vite, mieux que Peugeot ? Oui, mais alors pourquoi cette aisance ne s’est pas retrouvée pendant la course ? Comment expliquer que les deux auto soient dans des chrono si proches… La solution est sans doutes dans les pneus ! Les pilotes se sont souvent plaints de phénomène de pick-up, les gros pneus ramassant pas mal de matière, et devenant difficiles à utiliser. Est-ce lié à la largeur plus importante à l’avant, et à la nouvelle forme du prototype Audi ? La contrainte de posséder un prototype fermé pour la première fois (excepté le test de 1999) va sans dutes apporter son lot de problèmes au Mans, sur une piste chargée en gomme.

Pescarolo confirme… Rebellion piétine !

L’équipe Pescarolo peut sortir la tête haute de ce week-end Belge. Les hommes d’Henri Pescarolo ont en effet réussi à placer la voiture là ou le patron la veut, toute la saison, derrière les P1 diesel. Malgré des temps assez moyens en qualifications, Jousse / Tinseau et Collard ont réussi, en course, à décrocher une belle sixième place, profitant des mésaventures de la Peugeot de Simon Pagenaud, et des soucis de la 908 Oreca.

Course parfaite pour Pescarolo

Comme au Ricard, Christophe assura le départ. Pendant 28 tours il resta dans le sillage de la Rebellion de Prost et pris la tête des essences quand ce dernier s’arrêta plus tôt que prévu pour fixer un petit problème. Pendant son double relais, Julien Jousse ne quitta pas cette place de leader, mais c’est Jean-Christophe Boullion sur la Rebellion n°13 remonté du fond de grille qui lui mis la pression. Chez Pescarolo Team Autovision, la stratégie des arrêts ravitaillement fut sans faille et le travail de mécaniciens remarquable lors des changements de roues. Finalement Emmanuel Collard contrôla la situation sans ralentir le rythme, car les Rebellion- Toyota et les Zytec n’amusaient pas le terrain. Lors du dernier relais Tinseau résista même au retour de la Peugeot de Pagenaud, retardée par une rupture de suspension.

Rebellion subit encore la domination Pescarolo

A voir cette course, qui voit la même issue positive pour Pescarolo, on se félicite… mais on ne peut s’empêcher de constater que les hommes d’Alexandre Pesci n’arrivent toujours pas à s’affirmer comme la meilleure P1 privée non diesel. Peut-être la présence de Toyota impose aussi des rythmes et des programmes spécifiques en essais, pour l’acquisition de données. Toyota, dont le retour devrait s’opérer l’an prochain de manière plus officielle, accumule les données discrètement.

Belle opération pour Signatech au classement ILMC

En LMP2, l’erreur n’est pas permise. On le voit notamment en observant la course du Greaves Motorsport. Après leur éclatante victoire lors des 6 Heures du Castellet, les Anglais avec au volant Gary Chalandon, Tom Kimber SMith et Karim Ojjeh ne réitèrent pas. Des touchettes, une sortie de piste, et la Zytek plonge dans le classement… le niveau est relevé et les prétendants à la victoire nombreux. « Avec autant de voiture sur la piste, nous savions qu’il serait très difficile d’éviter les problèmes. Je suis constamment resté vigilant tout au long du week-end. Plusieurs sérieux accidents ont émaillé cette seconde manche de l’année, il était donc primordial de ne pas connaître d’incidents majeurs à seulement quatre semaines des 24 Heures du Mans » explique le Lyonnais Gary Chalandon.

Oreca 03 Signatech dans le raidillon

Le Level 5 Motorsports avait des ambitions importantes en LMP2. Vainqueurs aux 12 Heures de Sebring, les américains pouvaient légitimement prétendre à une bonne place, notamment grâce à CHristophe Bouchut et Joao Barbosa, qui connaissent bien le tracé. Mais un problème à l’arrière droit (rupture de suspension, crevaison lente ?) allait mettre un terme violent à leur course, dans le raidillon. “Il s’agit d’un virage hyper-technique car nous sommes à la fois dans une succession de courbes, en pleine accélération et surtout en sixième rapport – donc à très haute-vitesse,” explique Christophe Bouchut, au volant au moment de l’impact. “Au moment où la voiture décrocha, il n’y avait plus rien à faire et je n’étais que passager. Je savais pertinemment que l’impact avec le mur de protection était pour être dur.”

L’équipe Signatech passe à coté de sa course. Seulement cinquième au classement de la catégorie LMP2, la Oreca 03 à moteur Nissan aurait pu faire bien mieux. Tout était pourtant bien parti car après deux heures de course, la voiture de l’équipe Signatech Nissan dominait le LMP2. Immobilisée aux stands pendant 5 tours suite à un contact qui endommageait fond plat et pontons, la Signatech Nissan remonta de la 35eme à la 15eme place au général (5eme LMP2), en signant à plusieurs reprises le meilleur temps en course. La performance est au rendez-vous, mais un contact change la physionomie de la course !

Mathias Beche, Pierre Thiriet et Jody Firth s’imposent ! Ils confirment la belle santé du chassis Oreca 03. Après la belle seconde place aux 12 Heures de Sebrng pour Signatech, et aux 6 Heures du Castellet pour TDS, la Oreca 03 l’emporte ! Il ne s’agit que de sa troisième course, et les Oreca 03 signent un doublé devant la référence de la catégorie en 2010, la Honda de l’équipe Strakka. A deux heures de l’arrivée, la victoire se jouait entre Boutsen Energy Racing et TDS Racing. Aucune des équipes ne lâche la moindre seconde sur la piste, et c’est donc sur la stratégie que TDS Racing construit sa victoire !

Deuxième doublé pour la 458 italia

Les Ferrari 458 Italia avaient eu des débuts compliqués du coté de Sebring. Si la 430 Paressait encore très efficace face à al nouveauté, les 458 italia ont affirmé leur puissance à Spa.

Deuxième doublé pour les 458 Italia

Déjà devant aux 6 Heures du Castellet, avec la victoire de JMW devant AF Corse, c’est cette fois l’équipe Italienne qui l’emporte. Le Hankook team Farnbacher se classe second, tandis que les BMW sont groupées aux troisièmes et quatrièmes places. Après le doublé de Sebring, les allemandes confirment qu’elles sont dans le coup.

Trafic dans le peloton GT

Les BMW M3 dans le coup à Spa !

L’an passé, une BMW M3 e92 s’était classée quatrième à l’issue des 1000 km de Spa Francorchamps. Cette année, c’est une place de gagner pour Andy Priaulx et Uwe Alzen, qui font honneur à BMW. Certes, ce n’est pas un doublé comme le team RLL aux 12 Heures de Sebring, mais les troisièmes et quatrièmes places en catégorie GTE-pro montrent la montée en puissance constante des BMW en Europe.

Duo de BMW dans le Raidillon

Cette troisième place constitue le meilleur résultat à ce jour des M3 dans les séries Le Mans en Europe. Cette victoire est de plus acquise face aux nouvelles Ferrari 458 italia plus à l’aise que jamais sur le circuit Spadois, qui seront au Mans de redoutables adversaires.

Cette troisième place constitue le meilleur résultat à ce jour des M3 dans les séries Le Mans en Europe.

Les Porsche marquent le pas. Face aux nouvelles Ferrari, aux BMW qui sont encore en phase de progression, et même à l’Aston Martin Vantage du team Jota, les 997 RSR accusent le coup. Le meilleur représentant du week-end est local, le team Prospeed Compétition. La 997 RSR s’illustre tout de même, mais en GTE-Am, résultat qu’il faut traduire comme un signe.

1 Gené/Wurz/Davidson (Peugeot) 161 laps in 6h 02m 03.799s
2 Montagny/Sarrazin/Minassian (Peugeot) + 42.965s
3 Capello/Kristensen/McNish (Audi R18 TDI) – 1 lap
4 Bernhard/Dumas/Rockenfeller (Audi R18 TDI) – 2 laps
5 Fässler/Lotterer/Tréluyer (Audi R18 TDI) – 3 laps
6 Collard/Tinseau/Jousse (Pescarolo-Judd) – 5 laps
7 Jani/Prost (Lola-Toyota) – 5 laps
8 Lamy/Bourdais/Pagenaud (Peugeot) – 6 laps
9 Belicchi/Boullion (Lola-Toyota) – 6 laps
10 Lapierre/Duval/Panis (Peugeot) – 9 laps

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