Endurance Magazine parle à Cyndie Allemann et Rahel Frey

Cyndie Allemann et Rahel Frey de l'équipe Matech à Spa
Cyndie Allemann et Rahel Frey de l'équipe Matech à Spa

Cyndie Allemann et Rahel Frey de l'équipe Matech à Spa

Concurrent exceptionnel de ces 1000 km de Spa Francorchamps, l’équipe Matech engage deux Ford GT dans la catégorie GT1. La n°60 est confiée à Thomas Mutsch, Jonathan Hirschi et Mathias Beche. La n°61 est elle aux mains de Yan Zimmer… Cyndie Allemann et Rahel Frey. Deux femmes, pilotes, qui devraient, avec Natasha Gachnang, former un trio 100% féminin au Mans. Une première depuis 1991. Rencontre.

Comment se passe ce premier rendez-vous de 6 heures, cette première course d’endurance ?
Rahel Frey : Je pense que c’est un honneur d’être ici. Des filles suisses, dans une équipe Suisse, c’est une très grande joie. La principale difficulté est le trafic, mais il faut s’y habituer.

Cyndie Allemann : Elle a tout dit. Il faut s’habituer à la voiture, faire le plus de kilomètres possible, et pas de sortie… (rires) (ndlr : Rahel est sortie 30 minutes avant l’interview, en qualifications). Nous n’en faisons qu’un seul par week-end, ne vous inquiétez pas (en référence à la sortie de Natascha à Abu Dhabi)… ce n’est pas très drôle en fait !

Qualifications mouvementées pour Rahel Frey...

Qualifications mouvementées pour Rahel Frey...

R.F : J’ai juste perdu la voiture, avec un peu trop de survirage. A l’accélération, je l’ai perdu. Je suis passé trop fort.

Comment faites vous avec le trafic ? Cyndie, c’est la première fois que tu viens ici, cela ne doit pas être facile ?
C.A Plutôt que de me concentrer sur l’apprentissage du circuit, essayer de trouver mes limites, je dois me concentrer, regarder dans les rétroviseurs, les autres… Il faut faire attention, ils arrivent très vite, il faut les voir. Car si vous ne voyez pas un prototype et qu’il arrive à votre niveau, il est si bas que vous ne le remarquez pas. Le circuit est super, très rapide. Le Raidillon est superbe, il faut être habitué pour le passer vite, je crois qu’il n’y a pas d’autres circuits comme ça.

La Ford GT n°61 à l'attaque de Pouhon

La Ford GT n°61 à l'attaque de Pouhon

R.F : Sans doutes Le Mans !

C.A : Je pense que ce sera différent, je ne connais pas le circuit non plus. Pour Spa, je dois encore faire d’autres tours et progresser. J’essaye de progresser étape par étape, de construire ma pointe de vitesse, et j’essaie d’éviter d’aller trop vite, pour ne pas avoir de crash.

R.F : Moi je suis déjà venue ici en 2005, avec les Formule Renault, donc je connaissais le circuit.

Et le trafic au Mans, de nuit, vous y pensez ?

R.F : Ce sera encore différent, nous verrons au Mans. Nous n’avons pas d’expérience de conduite la nuit… Nous devons apprendre comment faire, au Mans.. Spa est une bonne expérience, mais différente.

Ford GT à la sortie des stands aux 1000 km de Spa

Ford GT à la sortie des stands aux 1000 km de Spa

La Ford GT40 était une légende, est-ce spécial de piloter une « Ford GT » aujourd’hui ?
C.A : Il y a beaucoup d’histoire derrière la GT 40. Nous connaissions l’histoire de la GT 40 avant, bien entendu. Lorsque nous avons eu une proposition pour la piloter, nous nous sommes dites qu’un équipe 100% féminin sur une Ford GT, cela pourrait ajouter quelquechose de spécial à l’histoire de cette voiture. Je l’aime vraiment

R.F :  Elle a raison !

Vous aviez fait des test avec Speedy Sebah (maintenant Rebellion), quelles sont les différences avec la Ford GT1 ?

R.F : C’est totalement différent. En GT, il faut être patient. Tout prend plus de temps. Les changements de direction, le freinage, la voiture est plus lourde et tout est différent. Il faut prendre ces paramètres en compte.

A la sortie de l'épingle de la Source...

A la sortie de l'épingle de la Source...

Le projet n’a pas abouti ?
C.A : Non ! Nous avions fait ce test pour voir si nous étions au niveau. Et en fait, nous étions plutot bien, mais cela n’a pas pu se concrétiser à cause des budgets.

Sentez-vous un engouement autour de votre projet ?
R.F : C’est toujours intéressant pour les médias, les sponsors.

C.A : Nous avons monté une équipe féminine pour attirer les sponsors et proposer un vrai projet, car aujourd’hui, il faut absolument du sponsoring pour avoir un volant. Lorsque les médias ont connu le projet, tout s’est emballé, avec beaucoup plus d’interview et d’attention. Il ne faut pas oublier que nous sommes là pour piloter, et ne pas être simplement l’équipe féminine. Quand nous avons le casque sur la tête, nous pilotons, et nous sommes focalisées sur la course.

Comment va Natascha ?
C.A : Elle a le moral, elle fait une bonne rééducation, elle progresse bien, nous avons bon espoir.

Et si elle n’est pas là ?

C.A : Elle sera là ! C’est comme ça que cela doit se passer dans les plans. Nous avons lancées l’équipe à 3, nous avons fait du karting ensemble petites, on a le même âge, on est Suisses…

Du monde en piste, à Spa, et au Mans aussi.

Du monde en piste, à Spa, et au Mans aussi.

Des copines d’enfance ?
C.A et R.F : Oui !

L’ambition pour demain ?
C.A : On ne planifie pas de gagner les 1000km de Spa ! J’ai fait 8 tours aujourd’hui, 5 tours hier. Le but est d’apprendre la voiture. Il faut aller chercher la limite et finir !

Merci à l’équipe Matech pour cette interview.
Avec la complicité de Endurance Series !

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