Les 9 victoires Ferrari au Mans

Ferrari de Paul Frère et Olivier Gendebien au Mans 1960
Ferrari, tout comme Porsche, ou plus récemment Audi, est une marque indissociable de l’histoire des 24 Heures du Mans, en témoigne les nombreuses Ferrari présentes tous les ans au Mans, mais encore au Mans Classic. La marque au cheval cabré s’est imposée à 9 reprises au général dans la Sarthe. Retour sur ces 9 victoires Ferrari aux 24 Heures du Mans. (pour ceux qui s’intéressent aux voitures anciennes, je vous recommande ce lien au sujet de Le Mans Classic 2010.
1949 – Ferrari 166MM n°22 pilotée par Chinetti et Seldsdon
3178,299 km à la moyenne de 132,420 km/h.

Ferrari 166 mm n°22
Les 24 Heures du Mans reprennent en 1949, après 10 ans d’interruption pour cause de guerre mondiale. Le circuit, presque entièrement détruit pendant le conflit, a été refait par l’ACO. C’est à l’occasion de cette édition particulière, la première post-seconde guerre mondiale, que Ferrari s’engage. La marque Italienne fait figure de débutante et engage deux voitures. Celle de Dreyfus-Lucas, sort de la route, alors que Chinetti et Seldson se hissent en haut du classement vers la 10 dixième heure. Ils y resteront jusqu’à la fin donnant à Ferrari son premier succès dans la Sarthe.
1954 – Ferrari 375 SP n°4 pilotée par Gonzales et Trintignant.
4 061,150 km à la moyenne de 169,215 km/h.
La course promet un duel Ferrari/Jaguar. De nombreuses sorties de pistes sont dues à des averses qui éclatent un peu partout sur le circuit. A une heure de la fin, la Ferrari n° 4 mène la course, mais la Jaguar D de Rolt-Hamilton se rapproche. Les deux voitures finissent dans le même tour.
1958 – Ferrari 250 TR n°14 pilotée par Gendebien et P.Hill.
4 101,926 km à la moyenne de 170,914 km/h.

Ferrari 250 TR Olivier Gendebien et Phil hill
L’affrontement Aston-Martin, Jaguar et Ferrari tourne court : les premières abandonnent rapidement, et seule la Jaguar D n° 8 paraît en mesure de menacer la Ferrari 250 TR qui mène depuis la quatrième heure. La Jaguare sort à seulement quatre heure du but. Ferrari s’impose, 13 tours devant une Aston Martin privée. La Ferrari 250 TR, voiture devenue mythique, décroche là sa première victoire Mancelle, qui en appelera de nombreuses autres.
1960 – Ferrari 250 TR 60 n°11 pilotée par Frère et Gendebien.
4 217,527 km à la moyenne de 175,730 km/h.
12 Ferrari sont alignées au départ, dont 5 Testa Rossa TR 60 et 7 250 GT. Sur ces 12 voitures, 6 seulement verront l’arrivée, se hissant aux sept première places. Seule une Aston Martin (encore !), troisième, empêche Ferrari de faire un carton plein. Ferrari aurait pu réaliser une meilleure performance, si les calculs de consommation de deux TR 60 avaient été meilleurs… La voiture victorieuse a d’ailleurs elle aussi échappé de très peu à la panne sèche… Le Mans se joue aussi à peu de choses !
1961 – Ferrari 250 TR 61 n°10 pilotée par Gendebien et P. Hill.
4 476,580 km à la moyenne de 186,527 km.
Les Ferrari favorites prennent la tête dès le début, la course se résumant à un affrontement entre pilotes de la marque Italienne. Extraordinaire démonstration des frères Rodriguez, qui taquinent le prestigieux équipage Gendebien-Hill. Les voitures s’échangent le commandement régulièrement, jusqu’à ce que les deux frères abandonnent à la 22e heure.
1962 – Ferrari 330 LM n°6 pilotée par Gendebien et P. Hill.
4 451,255km à la moyenne de 185,469 km/h.
Ferrari porte son record d’engagements à 15 voitures pour l’édition 1962. Face à une nouvelle Aston Martin P212 et aux redoutables Maserati, la marque Italienne veut décrocher la victoire, et compte sur son équipage star Gendebien / Hill. Et l’histoire se répète, on assiste au même duel qu’en 1961 : les frères Rodriguez (sur une Ferrari 246SP), tiennent la dragée haute à l’équipage Gendebien-Hill (sur Ferrari 330 LM). Mais comme un an plus tôt, les frères Rodriguez abandonneront à la 15e heure, laissant Gendebien / Hill décrocher un nouveau succès.
1963 – Ferrari 250P n°21 pilotée par Scarfiotti et Bandirli.
4 561,710 km ci la moyenne de 190,071km/h.
Encore une édition couronnée de succès pour Ferrari : les rouges s’emparent des six premières places à l’arrivée ! La 250 P de Surtees-Mairesse mène pendant les deux tiers de la course avant d’abandonner. C’est une autre 250 P qui hérite de la victoire, la première d’une voiture à moteur central arrière.
1964 – Ferrari 275P n°20 pilotée par Guichet et Vaccarella.
4 695,310 km à la moyenne de 195,638 km/h.

Ferrari 275P n°20 pilotée par Guichet et Vaccarella
De 1964 à 1967, le duel Ford-Ferrari enflamma les imaginations et le sport automobile changea à tout jamais de visage. Seul, Ferrari fit front avant d’être battu. C’est ce que l’histoire a retenu, même si de ces quatre duels, deux furent remportés par la marque italienne. La Ford GT 40, fait son apparition “pour apprendre”, mais n’est pas encore inquiétante. La 275P victorieuse prendra les commandes durant la nuit… Une édition un peu écrasée par Ferrari…
1965 – Ferrari 275 LM n°21 pilotée par Gregory et Rindt.
4 677,11 km à la moyenne de 194,880 km/h.
Dernière victoire d’une Ferrari au général au Mans. C’est une Ferrari américaine qui s’impose, une ancienne 275 LM engagée par le North American Racing Team. Les protos Ford et Ferrari sont décimés, Gregory et Rindt en profitent. Ensuite, les Ford prendront le pouvoir, puis c’est la période Porsche des années 80… avant l’ère Audi des années 2000. Depuis 1965, Ferrari n’a plus remporté les 24 Heures du Mans au général. A quand un retour ? La dernière apparition d’une Ferrari “capable” de l’emporter remonte à 1999, dernière année de présence des Ferrari 33SP. Celle-ci abandonna sur moteur cassé.
Deux excellents ouvrages de François Hurel sont dédiés à la marque Ferrari et à son histoire avec les 24 Heures du Mans. Déjà auteur de nombreux livres consacrés à l’histoire des 24 Heures du Mans, François Hurel poursuit dans cette voie avec le
concours du magazine Le Mans Racing, dont il est Rédacteur en chef
Source : L’Auto Journal Le Mans 1996, Le Blog Auto,
Crédit photo : Antonio Lombardi






Bonjour,
Votre site est particulièrement intéressant et je me réjouis de le découvrir grâce à un commentaire que vous avez laissé sur un article que j’ai consacré à Mike Hawthorn. Un commentaire dont je vous remercie vivement.
Les victoires au Mans n’arrivent jamais comme un long fleuve tranquille.
Parmi celles remportées par Ferrari que vous retracez ici, deux appellent de ma part des commentaires particuliers.
Celle de 1961, tout d’abord. Cette édition joua un rôle non négligeable dans la popularité des frères Rodriguez qui étaient des pilotes à la fois très rapides et très attachants. Engagés sur une Ferrari du NART, une voiture privée, ils devancèrent pendant près de 23 Heures les machines officielles ! Le meilleur tour en course cette année-là fut d’ailleurs signé par Ricardo qui n’avait que 19 ans. Malheureusement, Ricardo n’aurait pas le temps d’accrocher les 24 Heures du Mans ni un titre de Champion du monde à son palmarès puisqu’il trouverait la mort l’année suivante, le jour de la Toussaint, aux essais du Grand-Prix du Mexique 1962 qui ne comptait pas pour le Championnat du monde.
L’édition 1965, quant à elle, s’annonçait sous le signe d’un nouveau duel Ford – Ferrari. La lutte entre les deux constructeurs dépassait le cadre d’une simple rivalité sportive depuis les contacts avortés entre le constructeur américain et Enzo Ferrari. Le premier coup de tonnerre de cette édition fut l’annulation de la séance d’essais du mercredi à cause des trombes d’eau qui s’étaient abattues sur le circuit. Les essais eurent donc lieu le jeudi soir et le vendredi soir, bousculant toutes les traditions. Puis la course tourna à l’hécatombe pour les favoris. Aux défaillances mécaniques des Ford succèdent les problèmes de freins des Ferrari P 2 engagées par le constructeur de Maranello. De telle sorte que le dimanche matin, deux Ferrari menaient certes la course, mais il s’agissait de 250 LM engagées par des écuries privées. Celle du Belge Gustave Gosselin associé au Français Pierre Dumay précédait d’une minute seulement celle de Jochen Rindt et Masten Gregory. Et si une voiture n’était pas attendue à pareille fête, c’était bien celle qui occupait la seconde place. Car Jochen et Masten ne se supportaient pas. L’Américain aurait préféré faire équipe avec Edgar Hugus, le pilote suppléant de la voiture. En tout cas, Rindt et Gregory ne croyaient pas à leurs chances et étaient partis dans l’esprit d’accomplir la corvée que leur infligeait le NART. Ils l’emportèrent pourtant, après avoir décidé d’unir sérieusement leurs efforts pour la bonne cause. Jochen Rindt ferait donc cinq ans plus tard partie des rares pilotes vainqueurs à la fois des 24 Heures du Mans et du Championnat du monde de F1, un honneur hélas posthume car il trouverait la mort en piste avant le terme du Championnat 1970.
Bien Cordialement,
Thierry
Superbe commentaire Thierry, et je vous renvoie moi aussi la poitesse, je vous remercie vivement de cette contribution. Joli élcairage sur ces deux éditions particulières, effectivement.
Bonjour,
Merci pour cet article sur Ferrari à Le Mans.
Mon dernier dessin touche exactement ce sujet; vous pouvez le voir ici:
http://automobiliart.blogspot.com/2010/01/olivier-gendebien-racing-talent.html
Cordialement,
Paul