GreenGT H2 : l’hydrogène en route pour les 24 Heures du Mans 2012

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2012 sera résolument l’année du changement en matière de motorisation en endurance. Après la timide apparition d’une Oreca hybride en 2011, 2012 marque l’arrivée de l’hybride à échelle commerciale grâce Toyota... Dans la même volonté de propulser une technologie novatrice, l’équipe de GreenGT brigue l’obtention du 56e stand aux 24 Heures du Mans, promis par l’ACO à un projet ambitieux et innovant. Avec sa H2 futuriste, GreenGT entame sa dernière ligne droite vers les Hunaudières.

Les origines du projet Green GT

GreenGT est une entreprise indépendante qui conçoit, développe et commercialise des systèmes de propulsion propres et durables, appliqués à la compétition et à l’innovation. Le début de l’aventure remonte au mois d’avril 2008. Jean-François Weber (a notamment développé en 2005 un système de propulsion électrique pour la compétition) fédère autour de lui des talents avec un projet commun : proposer des prototypes de compétition pour un jour disputer les 24 Heures du Mans. Christophe Schwartz, spécialiste de la pile à combustible, Stanislas de Sadeleer et Chris Ricard, deux visionnaires passionnés d’automobile, s’embarquent pour l’aventure.

La Green GT H2 bientôt aux 24 Heures du Mans ?

La Green GT H2 bientôt aux 24 Heures du Mans ? © Green GT

Après la GreenGT 200 kW et 300 kW, voici la H2, retenue par l’Automobile CLub de l’Ouest pour être sélectionné dans le 56e stand aux 24 Heures du Mans 2012. GreenGT est invité à participer le 3 juin, à la journée de test des 24 Heures du Mans 2012, aux cotés de la DeltaWing (projet porté par Highcroft, Dan Gurney et Don Panoz aux Etats-Unis) et une Courage électrique dont on ne sait rien… L’ambition d’être au départ est légitime, car même si la Deltawing s’est octroyée le 56e stand, la décision de l’ACO ne sera prise qu’au soir de la journée test.

La Green GT H2 lors d'essais en soufflerie

La Green GT H2 lors d'essais en soufflerie © Green GT


Le programme 2012
15/30 mars Homologation FIA
14 mars Validation pile à combustible
7 avril Validation au banc
10 avril Shakedown
17 et 24 avril Journées d’essais
1 et 2 mai Test d’endurance


Objectifs 2013
Peser moins de 1 000 kg
Dépasser l’heure d’autonomie
Passer sous les 4 minutes au Mans

Green GT H2 : comment ça marche ?

Après les premiers prototypes, et des séances d’essais menées au Paul Ricard avec notamment Christian Pescatori au volant, le projet a montré ses limites : L’autonomie des batteries lithium/ion fut clairement identifié comme le point perfectible des précédents prototypes de GreenGT, l’hydrogène s’est imposé très rapidement.

Le châssis roulant de la Green GT H2

Le châssis roulant de la Green GT H2 © Green GT

GreenGT a fait développer en 2011 une pile à combustible de 100kW qui peut être intégrée dans une voiture de course ou de route. Cette pile à combustible a été testée et est opérationnelle. Une nouvelle pile à combustible de forte puissance qui fournit 340kW linéaire, soit 460Cv fut ensuite développée. Coté châssis, pour être conforme au règlement et aux normes de sécurité FIA, un châssis spécifique a été conçu. A la baguette, Gérard Welter et Vincent Soulignac, bien connus des passionnés manceaux, en ont réalisé la construction.

De l’hydrogène dans les veines

Ce qui résulte de cette technologie donne naissance à 2 moteurs triphasés synchrones à aimants permanents, délivrant une puissance de 2 x 170 kW, soit 460 chevaux DIN. RPM max 12.500 tr/mn. À l’aide de l’énergie solaire, les molécules H2 peuvent être extraites par photolyse de l’eau, puis stockées dans des réservoirs de 350 bars.

Green GT : Autonomie de 40 minutes, 300 km/h en vitesse de pointe

Elles alimentent alors, pendant 40 minutes, une voiture 100% propre dont le moteur délivre une puissance de 460 cv. La quantité d’hydrogène stockée est d’environ 4kg par réservoir. (équivalent à 25 litres d’essence), avec une autonomie honnête donc, et une vitesse de pointe de 300 km/h.

Vue de la double coque carbone de la Green GT H2 et des réservoirs

Vue de la double coque carbone de la Green GT H2 et des réservoirs © Green GT

La température de fonctionnement est étalée de 60 à 120°C… et pendant ce temps là, la voiture rejette de l’eau sous forme de vapeur. Aucune émission de gaz, ni CO2, ni NOx ou autres polluants, n’est produite durant le fonctionnement d’une motorisation électrique/hydrogène ! Imaginez des 24 Heures du Mans sans pollution ! Un argument de taille pour le lobbying de certains groupes écologistes, qui utilisent le bruit ainsi que la pollution pour contester l’exercice du sport-auto.

Auteur : Geoffroy Barre

Endurance Magazine est un blog pour les passionnés d'endurance et de sport auto créé par Geoffroy Barre, qui suit les 24 Heures du Mans depuis 1993 et se rend sur les meetings ELMS / WEC. Profil Google : Google

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