Les Asian Le Mans Series viennent de se terminer. Un joli succès tant sur le plan sportif qu’humain, comme nous vous en parlions dans un précédent article, qui donne à l’ACO du travail pour préparer une série 2010 à la hauteur.

Départ d'une manche de Japan Le Mans Challenge, en 2007
Les passionnés des 24 Heures du Mans sont incollables. A la date de 1923, ils répondent « Lagache-Léonard, Chenard & Walcker », comme d’autres lâchent « Marignan », lorsque vous proposez 1515. D’ici quelques années, réagiront-ils aussi automatiquement : « Tinseau-Nakano, Pescarolo-Judd », lorsqu’on évoquera la grande première de l’Asian Le Mans Series au Japon, en 2009 ? Toujours est-il que l’équipe française a inscrit son nom sur les tablettes de l’histoire, devant celui d’Aston Martin, comme étant la première lauréate d’une nouvelle Série Le Mans, dont l’histoire ne fait que commencer.
Une première pour les Asian Le Mans Series, oui, mais qui ne s’est pas fait sans quelques difficultés. Avant d’arriver à la tenue de cette course, sous le label Le Mans, d’autres essais ont eu lieu. Retour sur ces tentatives, et réflexion sur l’avenir d’une série prometteuse.
Les 1000km de Fuji
11 novembre 1999, circuit de Fuji Speedway
Depuis le milieu des années 1990, un grand nombre de constructeurs automobiles japonais ont commencé à participer aux 24 Heures du Mans, dont Honda, Toyota et Nissan. Constructeurs japonais mais aussi motoristes comme Dome, Tom’s, et Mugen. L’ACO a donc été intéressé par l’idée de créer une série au Japon, semblable à celle qui avait été récemment créée aux Etats-Unis, l’American Le Mans Series. Ainsi, les 1000 km de Fuji étaient une expérience pour voir quelle allure pourrait avoir une série au Japon dans le futur. Un événement de lancement, un pré-test, un peu à l’image du Petit Le Mans 1998.

La Nissan R391 n°23 victorieuse aux 1000km de Fuji
Un accord entre l’ACO et JAF, a permis à la course de se tenir au Fuji Speedway, et de combiner LMP de l’ACO, LMGTP, GTS et GT avec les voitures de la série JGTC, comme les GT500 ou encore GT300. L’ajout du plateau JGTC a été fait non seulement pour attirer les équipes japonaises, mais aussi pour aider à attirer la foule. Toutefois, la course ne comptait pas comme faisant partie de la saison de JGTC, il s’agissait d’une course facultative, que beaucoup de concurrents ont donc hoisis de ne pas disputer. Pour les concurrents du règlement ACO, il y a avait, par contre, une incitation : tout comme au Petit Le Mans, les gagnants de chaque catégorie gagnaient une invitation aux 24 Heures du Mans 2000.

Toyota GT-one aux stands, 1000km de Fuji 1999
Cette course, assez confidentielle, que peu de personnes connaissent, est portant atypique : il s’agit de la seule apparition de la Toyota GT-One en dehors des 24 Heures du Mans 1998 et 1999. Sportivement, c’est Érik Comas, ainsi que les Japonais Satoshi Motoyama et Masami Kageyama qui ont remporté la course, sur une Nissan R391, devant un trio Japonais, Ukyo Katayama, Toshio Suzuki et Keiichi Tsuchiya, à bord de la Toyota Toyota TS020, ou Toyota GT-one. Bien que la course fut très disputée entre Nissan et Toyota, la manche ne fut pas considérée comme un succès. En effet, seulement 23 engagés furent présents (dont 16 sous le règlement ACO). De nombreuses défections avant la course ont réduit le plateau, à l’image du vainqueur du Mans 1999, BMW, qui devait y engager une V12 LMR. Toyota et Nissan ont arrêté leur programme endurance à la fin de la saison 1999, tandis que, en l’absence de grand championnat en Europe, Audi et BMW se battaient en American Le Mans Series (pour des questions marketing). Bref l’idée d’une série au Japon, aussi bonne soit-elle, aurait été difficle à mettre en place en 2000, en l’absence de grand constructeur.
Japan Le Mans Challenge
2006 / 2007
Le Japan Le Mans Challenge (ou en abrégé JLMC) est une série de courses d’endurance basée au Japon, qui a commencé en 2006, dont le règlement est construit autour des 24 Heures du Mans. Elle était gérée par Sports Car Endurance Race Operation (SERO) en vertu des règles établies par l’Automobile Club de l’Ouest (ACO). Elle est la première série de sport d’endurance automobile au Japon depuis la disparition de la All Japan Sports Prototype Championship en 1992. Il s’agit de la première série organisée par l’ACO au Japon, car les 1000km de Fuji, sont comme nous l’avons vu, restés un événement unique en 1999. La série a été arrêtée en 2007, après deux mauvaises saisons. En 2006 et 2007, les voitures ne répondant pas exactement au règlement ACO étaient tout de même autorisées. Mais l’ACO voulait, pour pouvoir distribuer des invitations au Mans, que les concurrents soient dans les règles. L’objectif était de distribuer des invitations dès 2008, mais la saison n’eut finalement pas lieu.

Ferrari 550 Maranello Hitotsuyama
Sur un plan sportif, très peu de participants, et souvent d’un niveau assez faible pour pouvoir tenir la distance. La majorité des meetings se sont tenus avec 12 engagés. Preuve du peu de compétitivité, les deux premières manches de la saison 2006 furent remportées par la Ferrari 550 Maranello de Hitotsuyama.

Départ de la manche de Sugo en 2007
En 2007, Sports Car Endurance Race Operatio annonça son intention de ne plus organiser cette série. Après avoir, dans un premier temps, communiqué sur la reprise de cette série, l’ACO annoncera plus tard une annulation pour 2008.
« L’ACO accentue son engagement en Asie. Notre partenaire, la société COX Incorporated, ayant décidé de ne pas poursuivre au-delà du 31 décembre 2007 l’organisation du Japan Le Mans Challenge, la Direction de l’Automobile Club de l’Ouest a décidé de reprendre la promotion de ces manifestations à partir de l’année 2008″.
Pourtant prometteuse sur le papier, cette série Japan Le Mans Challenge n’aura pas réussi son rôle d’ambassadeurs du Mans au Japon. Pourquoi ? Dans un pays où le championnat Super GT est fortement implanté, la mayonnaise n’a pas pris « deux saisons qui ont sérieusement entamé le prestige du Mans au Japon » expliquent certains spécialistes, difficile d’en juger réellement.

Zytek 05S n°22 (Noda/Yamazaki) Hitotsuyama Racing
Dès la fin des Japan Le Mans Challenge, les organisateurs des 24 Heures du Mans ont rebondi, annonçant de nouveau une manifestation en Asie, les Asian Le Mans Series, dont nous parlerons dans la deuxième partie.
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15 novembre 2009 à 22 10 27 112711
Tiens ! c’est sympa ça de parler des 1000 km de Fuji 1999. Une course malheureusement passée totalement inaperçue.
Pour les puristes, Don Panoz avait également en projet un Asia-Pacific Le Mans Series en 2001 (sur le même concept que le défunt European Le Mans Series), qui devait proposer des courses au Japon et en Malaysie.
La série n’a jamais eu lieu, et l’ELMS est mort peu de temps après.
C’était l’époque où l’ALMS et l’ELMS étaient organisés par Professional Sports Car Racing, Inc., qui fut remplacé par l’IMSA en 2002.
Source : http://www.imsaracing.net/ALMS01.htm
16 novembre 2009 à 12 12 56 115611
Merci François, la bible d’Endurance Series. malheureusement, peu de documentation sur les 1000km de Fuji est disponible. Photos, vidéos, sur Youtube ce n’est pas la fête…
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