
Benoit Tréluyer au Mans 2010
Engagé l’an passé sur la 908 Pescarolo (avec JC Bouillon et Simon Pageaud), le français Benoit Tréluyer participait en 2010 à ses 6e 24 Heures du Mans… et pour la première fois, ce n’est pas sur une voiture française qu’il s’attaquait à l’épreuve Mancelle, mais à bord d’une Audi R15+. Un grand souvenir.
Dès son arrivée au Mans, Benoit Tréluyer a pu voir avec quel niveau de détail Audi prépare son affaire. Lui qui n’avait participé qu’à une seule course avec Audi avant cette édition (les 1000 km de Spa), il a pu voir, en action, le talent des Allemands. « L’arrivée au stand, le premier jour, m’a donné le vertige ! Rien n’avait été laissé au hasard, même le sol avait été rehaussé pour parer à toute inondation. Je n’avais jamais expérimenté un tel niveau de professionnalisme dans ma carrière. Quand j’ai vu toutes ces pièces de rechange triées, classées, rangées… J’ai vraiment pris la mesure du challenge ! La première rencontre avec le public sur la Place des Jacobins lors du pesage fut un choc. Si Peugeot suscitait beaucoup d’intérêt, Romain Dumas et moi, les deux Français de Audi, étions loin d’être oubliés. On s’est tous les deux sentis incroyablement soutenus. Nous avons été hyper touchés par les encouragements des fans de Pescarolo Sport. En tant qu’ancien pilote de l’écurie, c’est comme si nous étions devenus les « gardiens du temple » en l’absence de Henri« .
Pas dans le coup le premier soir des qualifications, les Audi R15+ étaient loin des Peugeot 908. Benoit Tréluyer sgna un 3:25.014, chrono le plus lent de la n°8. « On nous a dit qu’il y avait une feuille de route et que l’écurie s’y tiendrait quoiqu’il advienne ! Après les chronos des Peugeot en qualifs, les interrogations pouvaient se lire sur les visages des pilotes. Personnellement, je m’attendais à voir naître de la nervosité et j’ai été bientôt stupéfait par l’attitude stoïque de l’écurie. Il y avait de la surprise, mais pas assez pour ébranler les convictions ! Cette force tranquille m’a galvanisé ! Pas d’arrogance dans cette attitude, simplement la conscience d’avoir fait tout ce qu’il avait été possible de faire pour gagner ! »

Triplé pour Audi, sans doutes la plus belle victoire face à Peugeot !
En course, c’est finalement la faiblesse des 908, et la régularité des R15+ qui va faire la différence. Passé près d’une quille durant la nuit, Ben-Poy est conscient que la victoire ne s’est pas jouée à grand chose entre les équipages Audi. « On est passé prêt de la victoire, c’est vrai, mais on se dit que finir sur le podium pour une première expérience avec Audi prouve que nous avons fait du bon travail. Moi, je rêvais d’un podium au Mans et je l’ai. Maintenant, je veux penser à l’étape supérieure. C’est sûr que j’envie Romain Dumas. Ca faisait longtemps qu’un français n’avait plus gagné au Mans (ndlr : Yannick Dalmas en 1999 sur BMW V12 LMR) et j’aurais aimé être celui-là mais j’ai le temps. Gagner Le Mans est l’objectif principal de mes prochaines années. C’est la première fois que j’avais le matériel pour m’imposer, et je termine 2e. Je suis heureux de ma perf« .
